Trêve hivernale: Wargon veut satisfaire locataires et bailleurs «en même temps»

Il y a 5 jours 16

«En même temps»: Emmanuel Macron en a fait un tic de langage mais aussi le fondement de sa politique. Sa ministre du Logement l’a repris à son compte. À la sauce Wargon. À un mois de la fin de la trêve hivernale, qui prend fin le 1er juin, propriétaires et associations mettent la pression. Les uns, victimes de locataires mauvais payeurs, veulent récupérer leur logement. Les autres, soucieux d’éviter les expulsions, veulent s’assurer qu’une solution de relogement sera proposée aux mis à la rue. Emmanuelle Wargon veut être «la ministre des propriétaires et des locataires», pour reprendre une formule chère à son prédécesseur Julien Denormandie.

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D’abord les locataires. La ministre a un credo: pas d’expulsion sans relogement. Et elle va l’appliquer à la lettre dans un mois. Si une expulsion doit avoir lieu, elle sera assortie d’une proposition de relogement ou à défaut d’hébergement. Autrement dit d’une solution temporaire, le temps de trouver un logement pérenne. C’est la mission que vient de confier aux préfets par la ministre chargée du Logement et Marlène Schiappa, sa collègue chargée de la Citoyenneté.

Un fonds d’indemnisation de 20 millions €

Et les propriétaires? «Tous les efforts seront réalisés pour anticiper le relogement des ménages concernés par une procédure d’expulsion», affirme-t-on dans l’entourage d’Emmanuelle Wargon. Dit autrement, une fois la trêve hivernale terminée, les propriétaires n’auront pas à attendre des lustres avant de retourner chez eux. Mais si les locataires refusent la proposition qui leur ait fait? «En cas de refus, il est possible de proposer des solutions alternatives en fonction des places disponibles. Ce sera à l’appréciation des préfectures et des associations. Aucune solution n’est imposée, toute solution proposée implique l’accord des personnes concernées», répond le ministère.

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Reste l’indemnisation. A priori la question ne se posera pas puisque la trêve hivernale ne pourra plus être invoquée par les préfets pour refuser une expulsion. Mais si la solution de relogement venait à traîner, elle pourrait ressurgir. Et dans ce domaine, Emmanuelle Wargon veut aussi donner des garanties aux propriétaires. Doté actuellement de 20 millions d’euros, le fonds sera abondé de «plusieurs dizaines de millions d’euros», assure la ministre au Figaro.

Le député LREM Nicolas Démoulin, qui a récemment remis un rapport sur les expulsions locatives à Emmanuelle Wargon, estime les besoins supplémentaires à 80 millions d’euros. Soit 100 millions d’euros. En 15 ans, ce fonds n’a jamais été doté de plus de 78,4 millions d’euros. Pour accélérer les versements trop longs au goût des propriétaires, la ministre espère récupérer la gestion de cette indemnisation, actuellement entre les mains de l’Intérieur.

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