Transition écologique : la fin du chauffage au fioul est repoussée à mi-2022

Il y a 6 jours 44

Les chaudières au fioul viennent de se voir accorder un léger sursis. Le décret interdisant toute nouvelle installation n'entrera en vigueur que mi-2022, a fait savoir la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Leur fin était prévue initialement le 1er janvier 2022 , et dès le 1er juillet de cette année dans les bâtiments neufs, logements comme bâtiments professionnels. Mais, en sortie de crise de Covid-19, la filière « très atomisée » a réclamé un peu plus de temps pour former ses employés à l'installation des autres types d'équipements (pompes à chaleur, granulés bois, etc.), explique-t-on au ministère.

Plus de 3 millions de chaudières au fioul

« Le projet de décret a été largement concerté avec les acteurs de la filière de chauffage », a rapporté Barbara Pompili, lors d'une audition de la commission des Finances de l'Assemblée nationale en fin de semaine dernière. Le décret, qui prévoit la possibilité de dérogations dans certains cas, doit être transmis « très prochainement » au Conseil d'Etat.

Mais la ministre concédait ce lundi matin sur France 2 qu'« il y a une volonté, dans la période, d'y aller tranquillement. Nous voulons faire comprendre aux gens la nécessité d'évoluer ».

Si le chauffage au fioul est en déclin depuis des années, 3,25 millions de logements l'utilisent encore, dont 1,3 million dans des zones qui ne sont pas raccordées au gaz. C'est donc environ 3,9 % de la population française qui se trouve concernée à terme par un changement de chaudière.

Eradication d'ici à dix ans

Avec les coups de pouce CEE (certificats d'économies d'énergie), 242.000 chaudières ont pu être changées depuis janvier 2019, selon le ministère de l'Ecologie. Le rythme actuel est de 10.000 chaudières par mois.

« Si on regarde juste les coups de pouce CEE, on peut dire qu'il y a besoin d'accélération », reconnaît Barbara Pompili. Mais elle assure que la France peut toujours atteindre son objectif d'éradiquer les installations au fioul d'ici à dix ans.

Ce n'est pas l'avis du député Julien Aubert (LR), pour qui « le gouvernement devra revoir sa copie ». Lors de l'audition de Barbara Pompili par la commission des Finances, l'élu du Vaucluse jugeait qu'il serait « sage » de reporter « d'au moins cinq ans » la sortie du fioul, soulignant au passage que « la politique engagée est mal perçue » par les Français.

« Nombreuses fake news »

« On ne demande à personne d'arrêter d'utiliser sa chaudière ou de la changer quand elle fonctionne encore », a martelé la ministre lundi matin, précisant que les installations pourront continuer à être réparées si elles tombent en panne. Au passage, elle en a profité pour dénoncer « une des nombreuses fake news qui circulent ».

Ce n'est pas la seule mesure environnementale que l'exécutif retarde pour tenir compte des effets de la crise. Il y a deux semaines, la fin de l'avantage fiscal accordé au gazole non routier (utilisé notamment par les engins de BTP) avait été décalée pour la troisième fois, cette fois au 1er janvier 2023, pour ne pas fragiliser les entreprises du secteur.

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