Réforme des APL: 41% des allocataires y ont perdu au change

Il y a 4 jours 17

Avec deux ans de retard, la réforme des APL est enfin entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Cinq mois plus tard, l’heure est bilan. Enfin presque. Des premiers chiffres, transmis par la Caisse d’allocations familiales, qui gère le dispositif, à son conseil d’administration, ont fuité. Le nombre de bénéficiaires d’une APL a baissé de plus de 8% en janvier 2021 par rapport à décembre 2020, selon Les Échos. Mais, entre janvier et mars dernier, le ministère du Logement a recensé 67.000 bénéficiaires supplémentaires, selon nos informations. Confirmant que les effectifs baissent en janvier - du fait de l’effet saisonnier et de l’actualisation en temps réel des ressources des allocataires liée à la réforme - et augmentent au premier trimestre, avec l’arrivée de nouveaux allocataires.

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Par ailleurs, selon les dernières estimations, le volume global d’allocations logement versé est «pratiquement identique» entre les premiers trimestres 2020 et 2021, à savoir 1,2 milliard d’euros par mois. Même s’ils sont à prendre avec prudence, ces chiffres donnent un premier aperçu de l’impact de cette réforme qui concerne près de 7 millions de ménages. «Nous pourrons dresser un point d’étape plus complet en juillet», annonce-t-on dans l’entourage d’Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement, précisant que «la ministre ne pourra pas s’exprimer sur le sujet durant la période de réserve (des élections régionales)».

Les jeunes actifs, grands perdants

Nous pourrons ainsi savoir si la réforme des APL a fait plus de gagnants que de perdants. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. À peine plus d’un quart (26% exactement) des bénéficiaires ont vu leur allocation augmenter parce que leurs ressources ont diminué en 2020. La plupart (17%) n’auraient pas connu de hausse sans la réforme. À l’inverse, pour 41% de ménages, l’aide a diminué. Mais la plupart ne sont pas totalement perdants dans l’affaire. En effet, la moitié d’entre eux (23%) ont vu leur APL baisser parce que leurs revenus ont augmenté deux années d'affilée. Par ailleurs, seuls 6% d’entre eux ont enregistré une diminution de l’aide au logement qui n’aurait pas lieu sans la réforme. Pour le tiers restant (32%), la réforme n’a rien changé.

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Cette réforme, bien que juste, ne fait pas que des heureux et fait grincer des dents. Notamment chez les jeunes actifs. Ce sont les grands perdants de la réforme parmi les jeunes car désormais l’APL est calculée sur leur salaire et prend en compte l’amélioration de leur situation (ils ont décroché un emploi). Près de 40% d’entre eux affirment avoir enregistré une baisse de leur APL entre 2020 et 2021 (287% entre 2019 et 2020) et seulement 15%, une hausse, selon une enquête de l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ).

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Et les mal lotis disent avoir perdu en moyenne 118 euros en un an (contre 90 euros entre 2019 et 2020). «Sur le long terme, cela implique des projets remis à plus tard mais aussi une formation abandonnée, une offre d’emploi refusée, des opportunités non saisies, déplore Claude Garcera, Président de l’UNHAJ. On se souvient de l’émoi légitime qu’avait soulevé la baisse générale d’APL de 5 euros. Aujourd’hui, et alors que le contexte social est bien plus préoccupant, cette baisse est presque 8 fois supérieure, voire 20 fois pour certains!».

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