Quand un préfet invite un squatteur à «se trouver un autre squat»

Il y a 4 jours 16

Voilà une gaffe dont le gouvernement se serait bien passé! Accusé par les propriétaires d’être trop laxiste avec les squatteurs, l’exécutif a fait voter, en décembre dernier, une nouvelle loi censée accélérer leurs expulsions. Mais désormais, ce sont les préfets qui sont dans l’œil du cyclone. On leur reproche de faire traîner les procédures. Eux assurent qu’ils n’ont «aucun problème pour expulser ceux qu’ils doivent expulser.» Mais un récent échange avec l’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi) risque de ne pas lever les doutes.

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Le sous-préfet de l’Isère adresse un courrier à un squatteur pour lui demander de quitter le logement qu’il occupe illégalement (voir ci-dessous). Jusque-là, rien d’anormal. Mais, la suite de la lettre est plus qu’embarrassante pour la préfecture. Le fonctionnaire l’«invite sans délai à trouver un autre squat» avant que l’huissier et les forces de l’ordre interviennent.

«Éviter les procès d’intention»

Crédit Photo : Courrier préfet

Un sacré lapsus que l’Unpi n’a pas manqué de relever et de faire remarquer à la préfecture. «Notre association ne peut que s’indigner lorsqu’elle constate que vos services ne font que peu de cas du droit de la propriété et du respect des intérêts de chaque protagoniste», a réagi la Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de l’Isère, dans une lettre envoyée le 12 avril dernier.

Crédit Photo : UNPI

La préfecture reconnaît une «erreur regrettable» dans un courrier adressé à l’Unpi le 23 avril. «Une inattention de relecture de ma part m’a conduit à signer le courrier en l’état, alors que le mot “squat” aurait dû être remplacé par “logement”. Il n’est naturellement pas dans mes intentions de porter atteinte au principe de la propriété privée», a répondu Denis Bruel, le sous-préfet de l’Isère, qui affirme avoir fait le nécessaire pour que le courrier type adressé aux squatteurs ne comporte plus cette erreur.

Crédit Photo : Courrier préfecture

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Ce couac est quand même malvenu alors que les situations de squats se multiplient ces derniers mois et causent très souvent des traumatismes pour les propriétaires qui ne décolèrent pas malgré la nouvelle loi. La ministre du Logement, qui «veut mieux protéger» les victimes de squats, souhaite également éviter les «procès d’intention faits aux préfets». La gaffe de la préfecture de l’Isère ne risque pas d’arranger les choses.

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