Argent & Placements Crédits

Les taux plafonds des crédits augmenteront bien le 1er juillet, mais sans le coup de pouce exceptionnel souhaité par les banquiers et courtiers. Dans le secteur, on agite le chiffon rouge du blocage du marché immobilier.

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Depuis le 1er avril, le taux d’usure pour un prêt à l’habitat sur vingt ans ou plus est de 2,40 %. C’est le taux « tout compris » qui compte, incluant le taux d’intérêt fixé par la banque, l’assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie. Depuis le 1er avril, le taux d’usure pour un prêt à l’habitat sur vingt ans ou plus est de 2,40 %. C’est le taux « tout compris » qui compte, incluant le taux d’intérêt fixé par la banque, l’assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie.

Les taux maximaux auxquels les banques peuvent prêter bénéficieront-ils d’un coup de pouce ce 1er juillet, comme l’ont demandé prêteurs et courtiers ? Non, a tranché le gouvernement quelques heures avant le week-end, à l’issue de plusieurs semaines d’hésitations.

Ces taux dits d’usure « seront revalorisés au 1er juillet en suivant la formule normale », a en effet indiqué au Monde, vendredi 24 juin, le ministère de l’économie. Précisant suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France, qui n’a pas invoqué de circonstances exceptionnelles. Il promet cependant de « rester attentif à l’accès au crédit des Français, en contact étroit avec la Fédération bancaire française (FBF) et les associations de consommateurs ». Et dit « être prêt à s’adapter si la situation évolue ».

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Le sujet est sensible, politiquement et économiquement. De la vitesse de remontée des taux d’usure dépend en effet, en partie, le volume de crédits immobiliers qu’accorderont les banques dans les mois à venir et le niveau des taux qu’elles consentiront.

Ces taux d’usure, révisés chaque trimestre, sont un mécanisme de protection de l’emprunteur contre des taux abusifs. Ils restent aujourd’hui très faibles malgré la rapide hausse des taux des crédits constatée depuis février – c’est par exemple 2,40 % depuis le 1er avril pour un prêt à l’habitat sur vingt ans ou plus (taux « tout compris » incluant intérêts, assurance, frais de dossier, garantie). Rien d’étonnant, puisqu’ils doivent être fixés chaque trimestre en majorant d’un tiers la moyenne des taux pratiqués les trois mois précédents. Les variations des taux pratiqués se répercutent donc toujours tardivement sur l’usure.

« Coup d’arrêt » à la production de crédits ?

« Les taux pratiqués en janvier pèsent encore sur le taux d’usure fin juin, et comme le taux d’une vente signée en janvier a, en réalité, été fixé fin 2021 par la banque, on a au total un décalage de six à neuf mois », souligne Olivier Lendrevie, président de Cafpi. Résultat, dit-il : « Depuis mai, un dossier sur quatre ou cinq est bloqué parce qu’il dépasse le taux d’usure. »

« Les banques ne sont pas incitées à prêter, pour rester sous l’usure elles doivent pratiquer des taux ne leur permettant plus d’être rentables, elles empruntent sur les marchés pour bien plus cher », déplore de son côté Sandrine Allonier, de Vousfinancer.

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C’est pourquoi la FBF avait demandé à Bercy un geste sur ce taux d’usure, la loi autorisant l’Etat à déroger transitoirement au calcul normal en cas de circonstances exceptionnelles, sur proposition de la Banque de France.

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