Louveciennes : un nouveau projet pour les terrains Villevert

Il y a 1 semaine 33

Les groupes VIAE et Horizon viennent de se porter acquéreurs des terrains Villevert, 22 hectares en bordure de Louveciennes, entre Versailles et Saint-Germain-en-Laye. Le lieu, qui a accueilli le quartier général du commandement de l'Otan en Europe jusqu'en 1967, avant de devenir un site de l'entreprise Bull, constitue, depuis près de 20 ans, une vaste friche à quelques encablures de Versailles.

Les deux promoteurs ont formé une joint-venture pour réaliser cette opération d'aménagement. Ils ont signé la promesse de vente avec le groupe Unibail-Rodamco Westfield (URW), dernier propriétaire du site, le 22 avril dernier. Les opérateurs indiquent dans un communiqué vouloir « requalifier les anciennes friches industrielles et réinscrire Villevert dans le patrimoine emblématique du domaine royal de Versailles en se réappropriant les codes esthétiques de son environnement proche ».

Selon eux, le projet porte une ambition culturelle et économique et entend « verdir » un site jusque-là marqué par une forte activité industrielle. Des services seront aussi proposés pour créer des « espaces fédérateurs à valeur ajoutée pour les habitants de Louveciennes ». Ils souhaitent s'adjoindre la collaboration de l'agence d'architecture et paysage Atelier 2/3/4 et celle d'Urbanité, une société de montage et d'aménagement du groupe Urbense. Difficile, cependant, d'en savoir davantage, car les représentants de la joint-venture ne désirent pas s'exprimer.

Inquiétudes

Côté municipalité, les feux ne sont pas complètement au vert non plus. Au vu de l'importance du projet, une révision du plan local d'urbanisme (PLU) s'imposera sans doute. Or le maire Pierre-François Viard, est fragilisé : il a été récemment mis en minorité par son conseil municipal, et le préfet a pris la main sur le budget communal. L'élu ne souhaite guère s'exprimer sur le projet, au grand dam de certaines associations de défense du patrimoine et de l'environnement, qui, comme Racine, déplorent que certaines questions centrales comme le nombre de logements, n'aient pas été évoquées.

« Depuis des années de nombreux projets, parfois très farfelus, se sont succédé pour ce site. Aujourd'hui, c'est à nouveau le flou total », s'agace François Arlabosse, président de Racine. Ce dernier, qui a précédemment contribué à bloquer un projet de logements près de l'Aqueduc classé du XVIIe siècle reste très vigilant sur ce dossier. « On entend parler d'au moins 1.000 logements, voire plus. Cela ne respecterait pas le PLU et ne serait pas raisonnable pour une petite commune comme la nôtre : avec 3 ou 4.000 habitants de plus, on modifierait totalement la physionomie de Louveciennes », ajoute François Arlabosse.

Philippe Delarue, ancien maire adjoint de la commune et fondateur du site « 100 % Louveciennes » dénonce de son côté un projet « à haut risque pour la qualité de vie et le patrimoine » : augmentation du trafic routier, centre village « impraticable », parkings saturés… Il ajoute que : « Villevert doit être avant tout un projet économique et commercial pas un vaste quartier de logements ».

Site enclavé

Sans compter un dernier problème, technique, cette fois : l'enclavement du site (en bordure de la route nationale 186, un axe structurant qui accueille un très fort trafic routier avec environ 40.000 véhicules jour) nécessiterait probablement la réalisation d'un sous-terrain et de nouveaux accès routiers. En attendant, la friche de Villevert demeure en l'état depuis le départ de Bull en 2004 et l'abandon de plusieurs projets plus ou moins avancés : siège de Canal Plus, centre d'entraînement du PSG, stade Roland Garros, et enfin projet de centre commercial d'Unibail.

Lire la Suite de l'Article