La Fondation Abbé Pierre appelle à prolonger la trêve hivernale au-delà du 31 mai

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La Fondation Abbé Pierre a appelé ce jeudi 6 mai le gouvernement à prolonger au-delà du 31 mai la trêve hivernale des expulsions locatives face à une situation sanitaire toujours « extrêmement tendue » faisant craindre une « explosion » des expulsions sans relogement et sans hébergement à l’été.

A noter qu’en 2020, la trêve hivernale avait été prolongée jusqu’au 10 juillet, déjà en raison de la crise sanitaire.

Conquête de l’Abbé Pierre après l’hiver 1954, la trêve hivernale suspend habituellement les expulsions locatives entre le 1er novembre et le 31 mars, offrant chaque année un répit à des milliers de foyers modestes en France.

En raison de la crise sanitaire et économique liée à l’épidémie de coronavirus, le gouvernement avait annoncé en février qu’elle serait cette année prolongée de deux mois, jusqu’au 31 mai.

A trois semaines de l’échéance, « la situation sanitaire » reste « extrêmement tendue », estime la Fondation Abbé Pierre dans un communiqué. Dans ce contexte, l’association demande « au gouvernement le prolongement de la trêve, en attendant le retour à une situation stabilisée ».

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Prévenir la « bombe à retardement »

Selon l’association, la reprise des expulsions cette année « menacerait 30 000 ménages, dans un contexte sanitaire et social dramatique ».

Les mesures prises ces derniers mois « pour mieux prévenir la « bombe à retardement » des expulsions locatives sont insuffisantes », poursuit la Fondation qui réclame entre autres un assouplissement des conditions d’obtention des aides du Fonds de solidarité logement.

L’abondement à hauteur de 20 millions d’euros par l’Etat du fonds d’indemnisation des bailleurs reste quand à lui « très inférieur aux besoins », ajoute-t-elle. « Dans ces conditions, tout laisse craindre une explosion des expulsions au cours de l’été 2021, sans relogement voire même sans hébergement ».

Selon un rapport parlementaire remis au Premier ministre en décembre 2020 et publié en février dernier, 3 500 personnes ont été expulsées de leur logement en 2020. Un chiffre en baisse de 79 % par rapport à 2019 en raison de la prolongation de la trêve hivernale.

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