Argent & Placements Immobilier

Il y a vingt ans, les personnes qui souhaitaient contracter un emprunt immobilier devaient passer par leur banque et montrer patte blanche pour décrocher un financement à plus de 6 %. Désormais, l’accès au crédit s’est démocratisé et les taux oscillent autour de 1 %.

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Avec la crise sanitaire, le tour de vis s’est renforcé et certains profils d’emprunteurs se voient désormais refuser l’accès au crédit. Avec la crise sanitaire, le tour de vis s’est renforcé et certains profils d’emprunteurs se voient désormais refuser l’accès au crédit.

Les 20 ans du « Monde Argent »

Souvenez-vous : à l’aube des années 2000, l’immobilier n’était pas considéré comme un eldorado par tous les ménages. La raison ? Malgré des prix relativement abordables, il n’était pas accessible à toutes les bourses. Pour devenir propriétaire, il fallait consulter son conseiller bancaire, qui avait le dernier mot sur la faisabilité du projet. A l’époque, tous les établissements de crédit exigeaient une épargne préalable pour étudier les dossiers des emprunteurs, à qui ils prêtaient à moyen terme à des taux dépassant 6 %.

La seule alternative, connue de quelques initiés, était de passer par un courtier spécialisé. « Nous prenions en charge des dossiers plus compliqués, ceux de chefs d’entreprise par exemple, et trouvions des banques qui distribuaient des prêts spécifiques, comme des in fine », se souvient Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi.

Accès à l’information

L’arrivée d’Internet au début des années 2000 a bousculé ce paysage bien tranquille. De nouveaux e-courtiers, Meilleurtaux en tête, se sont lancés en ligne, et les acteurs plus traditionnels ont suivi le mouvement et ouvert à leur tour leurs sites. Ce large élan a provoqué un chamboulement de mentalités, car il a permis aux emprunteurs d’obtenir un accès à l’information. En quelques clics, ils ont décroché une estimation du montant empruntable et de la mensualité de leur futur prêt.

Les courtiers en ligne ont aussi contribué à une prise de conscience générale, en prouvant que le taux proposé par les banques à leurs clients « captifs » était souvent plus élevé que celui de leurs concurrentes. Les emprunteurs n’ont alors plus hésité à quitter leur établissement pour trouver des crédits moins chers et atteindre le Graal suprême : l’accession à la propriété.

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Entre 2002 et 2005, dopés par la baisse des taux de crédits, passés sous la barre des 5 %, des locataires ont acheté après s’être rendu compte qu’une mensualité de crédit dépassait à peine un mois de loyer. Des primo-accédants, qui n’envisageaient aucun projet immobilier, ont franchi le cap et des profils d’emprunteurs déconsidérés ont trouvé des solutions de financement. Les nouveaux clients ont alors déferlé et le marché des crédits immobiliers a décollé.

Un peu affolée par l’énorme encours de crédits des ménages, la Banque de France a exigé que les banques cessent de distribuer des prêts aussi facilement

Pour éviter de voir leur meilleure clientèle leur échapper, les banques ont fait du prêt immobilier un produit de conquête. Pour financer de plus en plus d’emprunteurs, elles ont accepté de revoir leurs conditions.

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