En 50 ans, la part des 5-pièces et plus a doublé en France

Il y a 4 semaines 59

Pendant les confinements, bon nombre de Français se sont sentis à l’étroit comme jamais! Pourtant, les statistiques officielles ne leur donnent pas vraiment raison. Selon un bilan mené par l’Insee, les résidences principales des Français ont nettement grandi depuis 1968. Et comme, durant la même période, le nombre moyen de personnes constituant un ménage est de 3,1 à 2,2 (en 2018), forcément nous avons individuellement plus de place chez nous que par le passé.

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Selon cette étude, 59% des résidences principales comptaient moins de 4 pièces en 1968 alors qu’en 2018, 60% d’entre elles disposent d’au moins 4 pièces. La part des logements de 1, 2 ou 3 pièces n’a cessé de diminuer tandis que la proportion des 5 pièces et plus a doublé en 50 ans, passant de 18 à 35%. Mais cette vérité générale ne s’applique pas aux logements situés dans les centres-villes les plus dynamiques. L’étude précise bien que «ce constat est essentiellement porté par les couronnes et les communes hors attraction des villes». C’est ainsi que dans les périphéries, les résidences principales ont gagné en moyenne une pièce en cinquante ans. La part des logements comportant au moins 5 pièces y a doublé. Les évolutions sont très comparables dans les secteurs que l’Insee appelle «hors attraction des villes». Quant aux grands pôles urbains, les habitations de moins de 4 pièces y restent majoritaires (54% en 2018).

Les logements progressent bien plus vite que la population

Autre fait marquant au long de ce demi-siècle: le nombre de résidences principales a progressé bien plus vite que la population. En moyenne, on a compté chaque année 263.000 logements supplémentaires (+1,2%) quand la population ne progressait que de 0,5% par an (303.000 personnes). Comment expliquer que les logements augmentent 2,5 fois plus fortement que la population? C’est tout simplement dû à la baisse du nombre de personnes par ménage et donc par logement, passé de 3,1 en 1968 à 2,2 en 2018. Une situation que l’Insee explique par des mises en couple plus tardive, des ruptures d’union plus fréquentes ou encore des baisses du nombre de familles nombreuses. L’effet baisse des familles nombreuses étant assez marginal, c’est la «décohabitation» qui a eu globalement le plus gros impact sur l’évolution du nombre de résidences principales. Sur la période étudiée, elle a causé 63% des évolutions contre seulement 37% pour la croissance démographique de la population.

Quant à l’évolution géographique du nombre de résidences principales (29 millions à ce jour), elle a été variable selon les secteurs. Ce sont les périphéries qui ont été les plus dynamiques: +1,6% par an en moyenne devant les pôles urbains (+ 1%), les communes hors attraction des villes fermant la marche (+ 0,7%). L’augmentation dans les couronnes a été particulièrement forte entre 1975 et 1982 (+2,2% par an) relève l’étude. C’est là que la population a le plus augmenté en 50 ans tandis que la taille des ménages y a baissé modérément.

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