Ces professionnels méconnus qui vendent 1 bien immobilier sur 5

Il y a 1 semaine 20

Mandataire, c’est la profession qui monte dans le secteur de l’immobilier. En 2015, ils étaient à peine 10.000 en France. Aujourd’hui, ils sont quatre fois plus nombreux et pèsent déjà environ 20% du marché intermédié (soit environ 140.000 ventes), selon une étude de Vincent Pavanello, cofondateur de l’association Real Estech (et coauteur de L’immobilier demain, Éditions Dunod). En six ans, ils ont quintuplé leur chiffre d’affaires qui avoisinerait le milliard d’euros. Mais quelles différences avec les agents immobiliers?

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• Formation

La profession de mandataire existe depuis 2005 et ne nécessite pas de diplôme, comme pour celle d’agent. En revanche, le mandataire ne possède pas de carte professionnelle, il suffit qu’une personne du réseau auquel il appartient, en possède une. C’est aussi le cas dans les agences classiques mais les proportions ne sont pas les mêmes. «Plus de 80% des nouveaux arrivants n’ont pas d’expérience en immobilier et relèvent donc d’un processus de reconversion professionnelle», explique Vincent Pavanello.

Mais depuis la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové promulguée en 2014, les mandataires immobiliers en fonction doivent réaliser, comme les agents, 14 heures de formation chaque année ou 42 heures au cours de 3 années consécutives d’exercice. Et depuis le 1er janvier dernier, sont notamment incluses 2 heures sur la discrimination dans l’accès au logement.

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• Métier

Contrairement aux agents immobiliers, les mandataires ne disposent pas d’agence. Ils travaillent de chez eux ou éventuellement dans des espaces de coworking. Mais les mandataires ne travaillent pas seuls: ils font partie d’un réseau - il en existe environ 90 actifs en France -, comme les agents. D’ailleurs, au quotidien, leur travail ressemble au leur. Ils réalisent des transactions immobilières et peuvent faire de la gestion locative. Mais contrairement à eux, les mandataires ne sont pas salariés de ce réseau, ils sont indépendants.

Pour trouver des biens à vendre, la tâche semble plus ardue pour eux que pour des agences qui ont pignon sur rue. Surtout lorsque l’offre est quasi-inexistante, comme aujourd’hui. «La crise du Covid-19 a montré qu’on pouvait vendre des logements avec des agences fermées, glisse Vincent Pavanello. En outre, l’absence de vitrine était discriminante dans les années 90 mais avec Internet, c’est moins le cas».

• Commissions

La majorité des mandataires étant indépendants, ils ne perçoivent qu’une commission, là où l’agent a l’assurance de percevoir au moins un salaire fixe. Pour un logement de 220.000 euros (prix moyen en France), un mandataire encaisse une commission moyenne d’environ 4%, soit 8800 euros. Mais il perçoit, en réalité, «entre 70% et 90%» de cette somme (entre 6160 et 7920 euros), selon Vincent Pavanello.

La commission de l’agent est légèrement supérieure: 4,5% soit 9900 euros. Mais il ne touchera réellement «qu’» «entre un tiers et 40%» (entre 3300 et 3960 euros). De quoi motiver un peu plus le mandataire pour réaliser la transaction. Ce qui explique, en partie, le regain d’intérêt des ménages. Mais pas que. «L’indépendance des mandataires et leur désir d’entrepreneuriat inspirent confiance auprès des Français qui apprécient leur motivation», estime le cofondateur de Real Estech.

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