À quoi ressemble le logement à temps partiel idéal à Paris?

Il y a 2 semaines 40

Vous êtes un adepte du télétravail et vous vous rendez deux à trois fois par semaine à Paris lors de vos retours ponctuels au bureau. Quel logement désirez-vous, même à temps partiel, pour éviter l’hôtel? Le télétravail concerne désormais un quart des actifs contre 7% avant la pandémie de Covid. Il s’est démocratisé et ne concerne plus uniquement des cadres, ce qui accélère le phénomène de double résidentialisation, qui concernerait 17% des Français.

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L’agence d’architectes Majma a mené une enquête en ligne auprès de 600 répondants en partenariat avec le think tank Idheal, l‘institut des Hautes Etudes pour l’Action dans le Logement, un institut de recherche et de formation, pour connaître les attentes des Parisiens à temps partiel. Il en ressort que les participants souhaitent avoir leur propre espace dans leur logement à temps partiel, entre 17 et 20 m², équipé d’un lit, d’un bureau, d’une plaque de cuisson, d’un micro-ondes, un mobilier sommaire pour une question économique.

Près des trois-quarts interrogés (72% exactement) souhaitent pouvoir laisser des affaires personnelles sur place. «Nous avons été surpris par le nombre de personnes prêtes à mettre la main à la pâte dans leur logement à temps partiel pour réduire les coûts. 90% des répondants se disent prêts à faire leur lit en arrivant et à ôter les draps en partant et 84% à passer un coup d’éponge», explique Catherine Sabbah, déléguée générale d’Idheal.

Le prix est une donnée majeure pour les sondés: 41% chiffrent leur budget entre 40 et 60 € par nuit et 17% entre 60 et 100 €. «Or, il faut compter en moyenne 123 € par nuit en Airbnb, 137 dans un hôtel et 990 € par mois pour un pied-à-terre de 30 m²», assure Antoine Maitre, architecte à l’agence Majma.

Proche de son lieu de travail

Autre réponse qui a étonné Idheal, la capacité des sondés à s’engager sur la durée: 32% souhaitent s’engager sur 6 mois et 42% sur 12 mois pour contractualiser leur venue régulière dans un même lieu en signant un bail. 70% déclarent que le nombre de nuits passées à Paris ne varie pas. Ils peuvent donc s’engager dans un même logement à temps partiel sur la même durée, chaque semaine ou chaque mois. 75% des sondés souhaitent avoir un logement proche de leur lieu de travail. «Un endroit où dormir, basique, pratique, propre, chaleureux, fonctionnel, économique. Une petite surface bien connectée aux transports et abordable», résume Catherine Sabbah.

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«Ce concept se différencie des offres qu’on a vu émerger sur le marché immobilier depuis quelques années. On n’est pas dans Airbnb où on ne peut pas laisser ses affaires et où rien ne garantit qu’on pourra trouver le même espace la prochaine fois qu’on viendra. On n’est pas non plus dans un système d’hôtel plus anonyme, plus coûteux», définit Catherine Sabbah.

Mais où trouve-t-on ce type de logements? «Notre objectif n’est pas de proposer ces logements en lieu et place d’autres logements étant donné qu’on manque de lieux d’habitation», assure l’architecte. Le but étant de remplir des logements vides ou de proposer cette offre lors de transformations de bureaux ou d’hôtels par exemple. «On voudrait que des opérateurs s’emparent de cette idée pour la tester: des promoteurs, des investisseurs institutionnels», conclut Catherine Sabbah.

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