Réforme des APL: l’Etat a bien fait les économies prévues malgré le Covid

Il y a 2 semaines 32

Avec la réforme des APL, on craignait de n’être pas loin de l’accident budgétaire. Finalement, il n’en est rien: le gouvernement a presque respecté sa promesse de réduction des dépenses publiques. Et ce, «grâce» à une surestimation de l’effet du Covid faite par le gouvernement. Avant la crise sanitaire, l’exécutif escomptait 1,2 milliard d’euros d’économies. C’était sans compter un virus en provenance de Chine qui a obligé le gouvernement à revoir ses ambitions à la baisse.

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Qui dit crise, dit en effet hausse des aides. Et donc du nombre de bénéficiaires qui voient leur APL augmenter. Ce qui réduit d’autant le montant des économies. En août 2020, il n’était plus question que de 700 millions d’euros. Trois mois plus tard, la ministre du Logement Emmanuelle Wargon évoque même un chiffre inférieur à 500 millions d’euros devant la Commission des affaires économiques du Sénat (à partir de 1:12:50). Tout en précisant que cette somme n’est qu’une estimation et mérite d’être affinée. La preuve: l’objectif visé est bel et bien de 750 millions d’euros.

Mais grâce au soutien massif de l’État à l’économie pendant la crise, les revenus des allocataires ont moins baissé que prévu et le montant de leurs APL a donc moins augmenté. Et le gouvernement retrouve ainsi presque sa prévision initiale: la réforme a permis à l’État d’économiser 1,1 milliard d’euros (au lieu donc d’1,2 milliard), a annoncé Emmanuelle Wargon devant la commission des Affaires économiques du Sénat. «Nous avons une dépense APL qui est stable, à 15,7 milliards d’euros, entre 2021 et 2022», ajoute la ministre qui a reconnu «un certain nombre de bugs» entraînant de multiples reports de la réforme.

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Des économies qui font enrager Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, chargé du Logement (voir le tweet ci-dessous) qui raille la «justice sociale» vue par le gouvernement.

1,1 milliard d'économies sur le dos des allocataires APL, 500 millions d'euros sur le dos des chômeurs (et encore parce que la réforme a été reportée, sinon ce serait plus).

Une certaine idée de la justice sociale... https://t.co/6ZiTMNVxbi

— Ian Brossat (@IanBrossat) November 10, 2021

Parmi les grands perdants de la réforme, figurent les jeunes actifs. L’APL est désormais calculée sur leur salaire et prend en compte l’amélioration de leur situation (ils ont décroché un emploi). «Si on considère qu’il faut aider les jeunes qui entrent dans la vie active, ce n’est pas forcément par les APL qu’il faut le faire», a déclaré Emmanuelle Wargon devant les sénateurs. Pour les autres jeunes, notamment les étudiants, la ministre assure qu’ils ne sont pas impactés par la réforme même s’ils travaillent à côté de leurs études.

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