Société Logement

Une manifestation se tient à Bayonne, samedi 20 novembre. Les résidences secondaires et les logements loués sur Airbnb sont accusés de faire grimper les tarifs, comme l’arrivée récente de Bordelais et de Parisiens, dont la crise sanitaire a précipité le déménagement.

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Bruine de rigueur dans un Biarritz automnal, une dizaine de dossards « Alda » investissent un studio en bord de mer : ces militants écologistes et altermondialistes veulent ainsi dénoncer un meublé touristique non déclaré en mairie, alors que les locations Airbnb doivent l’être. « Sur les quelque 5 400 meublés touristiques dans la ville, seuls 2 200 sont déclarés, 3 200 ne le sont pas », décompte Txetx Etcheverry, l’un des responsables de ce mouvement (« changer », en langue basque). Et de dénoncer « une cité où il y a plus de logements que d’habitants, et où pourtant se loger à l’année est devenu impossible ».

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Comme deux autres opérations à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et Biarritz, celle-ci a été pacifique et n’a duré que quelques heures. Mais la municipalité biarrote a donné à Airbnb jusqu’au 18 décembre, dernier délai, pour déclarer ses locations, ce qui devrait freiner le passage de logements loués à l’année en logis occasionnels.

Encadrer le marché touristique

L’immobilier est devenu une préoccupation majeure pour ceux qui habitent et tentent de trouver un toit au Pays basque. D’ailleurs, samedi 20 novembre, un rassemblement devait avoir lieu à Bayonne à l’appel d’un collectif d’organisations sociales, syndicales, politiques, associatives, de personnalités et d’élus. Ces responsables espèrent que les parlementaires et les pouvoirs publics changent la donne. Les députés (MoDem) Florence Lasserre et Vincent Bru veulent faire adopter un amendement à la loi en discussion sur la décentralisation (dite « 3DS ») afin que les collectivités, dans les zones tendues, tel le Pays basque, mais aussi ailleurs, puissent intervenir en encadrant les loyers et le marché des meublés touristiques.

Le littoral d’abord, de Bayonne à Hendaye, a la fièvre. Mais aussi de plus en plus l’intérieur des terres. Les prix flambent quand il y a une offre, les programmes de constructions, en particulier sociales, font face à la rareté du foncier disponible. Et cette situation chahute la préservation des surfaces agricoles ainsi que les équilibres écologiques.

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la communauté d’agglomération du Pays basque comptait à sa naissance, en janvier 2017, quelque 200 000 logements, mais moins des trois quarts étaient utilisés pour vivre à l’année. 42 238 étaient des résidences secondaires, 11 930 étaient vacants. Depuis des décennies, la région est confrontée à un déséquilibre du logement : les résidences secondaires comptent pour 40 % des logements à Biarritz, 45 % à Saint-Jean-de-Luz, et la plupart sont occupées un à deux mois dans l’année. Elles sont 50 000 sur l’ensemble de ce territoire, sans compter les achats pendant et après la pandémie de Covid-19.

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