Les riverains s’opposent massivement à la transformation de leur cité-jardin

Il y a 1 semaine 25

Alors que la mairie de Châtenay-Malabry comptait détruire une partie d’un ensemble emblématique des années 30, l’enquête publique a obtenu 87% d’avis défavorables.

L’enquête publique sur la transformation de la Butte Rouge de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) s’est achevée lundi par une majorité écrasante d’avis défavorables au projet, selon les associations mobilisées pour cette cité-jardin, témoin du patrimoine ouvrier en région parisienne. Près de 87% d’avis défavorables (riverains, associations...) ont été enregistrés concernant la modification du plan local d’urbanisme élaboré par la mairie LR de Châtenay, a indiqué l’association Châtenay Patrimoine environnement.

» LIRE AUSSI - Joyau architectural à préserver ou HLM usées à reconstruire?

Construite à partir des années 30 dans un style minimaliste Bauhaus pour loger les ouvriers, la Butte Rouge, dans les Hauts-de-Seine, fait l’objet d’un vaste plan de réhabilitation contesté depuis dix ans par des urbanistes. Dans une volonté de densification, certaines maisons seront détruites, d’autres surélevées, agrandies, reliées aux maisons voisines. Selon la mairie, les normes des années 30 sont obsolètes, les appartements trop exigus. Et le quartier, actuellement composé de 100% de logements sociaux où vivent 10.000 personnes, doit s’ouvrir au secteur privé. «Seulement 15% de la Butte Rouge (17 bâtiments sur 233) sera préservée» si le projet est entériné par l’Établissement public territorial, dénoncent les associations.

» LIRE AUSSI - Quand la Roumanie créait ses cités-jardins

Au ministère de la Culture, on assure que le site sera protégé, «y compris, si nécessaire, par un classement d’office»: «depuis le début, nous disons qu’il s’agit d’un site exceptionnel. Le classement en site patrimonial remarquable (SPR) permettra de protéger un certain type d’urbanisme, en y respectant la place de la nature». «Il s’agit d’une protection d’un ensemble et non bâtiment par bâtiment», précise-t-on. La mairie s’était engagée, selon le ministère, sur un classement SPR en octobre, mais le processus se fait de moins en moins à l’amiable. «Nous n’avons pas de nouvelles et cela commence à nous inquiéter», ajoute-t-on, relevant que le préfet a écrit fin décembre au maire.

Délibération dans un mois

Les autorisations préfectorales ne seront pas données s’il n’y a pas de SPR et «si le maire n’est pas prêt à classer le site, la ministre (Roselyne Bachelot) prendra la décision de créer un SPR par décret en conseil d’État», souligne-t-on encore au ministère. Selon Julien Lacaze, président de l’association Sites et monuments, «le préfet est favorable au projet, l’État abandonne la Butte rouge aux promoteurs et le ministère se paye de mots en brandissant une protection forte. Il préfère manifestement accompagner les promoteurs déjà si actifs dans le Grand Paris». L’Établissement public «Vallée Sud Grand Paris» doit délibérer d’ici à un mois sur les conclusions du commissaire-enquêteur qui aura fait la synthèse de l’enquête publique.

Lire la Suite de l'Article