L'Ifremer va renforcer ses moyens de recherche et sa flotte scientifique

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Publié le 24 févr. 2021 à 8:00

Les océans sont de plus en plus au centre des préoccupations des Etats, mais aussi des citoyens, conscients que le réchauffement climatique, la pollution, la surpêche mondiale impactent la qualité de l'eau de mer et la biodiversité marine. Reconduit le 17 février dernier en Conseil des ministres pour cinq ans à la présidence de l'Ifremer , Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, François Houllier trace les grandes lignes de son nouveau plan stratégique.

« Trois grands chapitres d'investissements en moyens de navigation, de recherche et d'immobilier, sont prévus pour que nous puissions répondre au mieux aux attentes pour la restauration du milieu marin, la protection de la ressource, mais aussi le développement des énergies marines renouvelables », annonce le président, qui est à la tête d'un institut regroupant 1.500 collaborateurs, dont une majorité de scientifiques en liaison avec les autres Etats et organismes internationaux.

Une dizaine de navires scientifiques

Pour étendre la conduite de ses recherches à tous les océans, l'Ifremer a besoin de navires plus performants. Sa filiale Genavir, basée à Brest où se situe aussi le siège social de l'institut, compte une dizaine de bateaux scientifiques, dont certains ont dépassé trente-cinq ans de service. « Nous conduisons des campagnes pour nos propres besoins, mais aussi pour des partenaires comme le CNRS et les universités. Il nous faut des moyens performants », précise François Houllier.

François Houllier, le président de l'Ifremer qui vient d'être reconduit pour un mandat de cinq ans. 

François Houllier, le président de l'Ifremer qui vient d'être reconduit pour un mandat de cinq ans. Eric Lenglemetz

Dans le cadre de ce plan de renouvellement et de modernisation d'une partie de la flotte, le « Pourquoi pas », un navire océanographique de 107 mètres de long construit en 2005 à Saint-Nazaire, va bénéficier d'une enveloppe de 25 millions d'euros afin de renouveler ses équipements : sondeurs multifaisceaux, équipements acoustiques…

Deux autres bateaux semi-hauturiers, l'« Alis » et l'« Antea », vont être remplacés par un seul navire polyvalent. Dans le cahier des charges de l'appel d'offres, l'Ifremer exigera la construction d'un bateau présentant une réelle baisse de « son impact environnemental ». Autre projet clé, l'Ifremer va faire réaliser un nouveau robot pour l'exploration des grands fonds, qui remplacera le Victor 6.000 et pourra descendre à une profondeur de 6.000 mètres sous l'eau.

Deux observatoires de fonds de la mer

Prévu pour être déployé sur une durée de quinze ans, ce renouvellement des moyens maritimes est complété par « des investissements scientifiques exceptionnels », insiste François Houllier. Ils sont rendus possibles grâce aux 50 millions d'euros récupérés l'an dernier par l'Ifremer après la vente des parts dans la société CLS (Collecte Localisation Satellites). « Nous prévoyons notamment l'ouverture de deux observatoires des fonds de la mer, l'un en Nouvelle-Calédonie et l'autre à Mayotte pour la surveillance scientifique d'un volcan sous-marin de 800 mètres de hauteur », confie-t-il.

Il est également prévu d'étoffer le réseau des balises Argos - il en existe 4.000 -, avec une nouvelle génération qui pourra capter des données jusqu'à 6.000 mètres sous la mer. Des chaires de recherche figurent aussi au programme, dont la première sera créée à Nantes sur « l'étude de la durabilité de l'usage de la mer ».

Un nouvel ensemble à Nantes

Le dernier grand volet des projets structurants réside dans son patrimoine immobilier. A Brest, l'institut a besoin de  réorganiser son siège pour mieux mutualiser les équipes et moderniser les laboratoires. Plusieurs dizaines de millions d'euros devraient y être engagées, « avec le soutien des collectivités, dont la région Bretagne ».

A Nantes, un programme de 10 millions d'euros est en cours pour la création d'un nouvel ensemble nommé « Batimer », dédié aux recherches sur les microalgues. A Sète, 3 millions sont consacrés à la modernisation des installations, notamment pour l'accueil d'entreprises extérieures. François Houllier souhaite en effet que l'Ifremer soit de plus en plus immergé dans son environnement économique, mais aussi dans le grand public. « Nous devons développer des interactions avec la société. Si l'océan captive beaucoup d'attention, il reste trop souvent mal connu », conclut le président.

La stratégie

Ifremer

Date de création : 1984

Président : François Houllier

Chiffre d'affaires : 250 millions d'euros

Effectif : 1.500 personnes

Secteur : recherche

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