L’appétit pour l’immobilier recule fortement

Il y a 6 jours 22

INFOGRAPHIES - La dernière édition du baromètre Fnaim montre que l’offre mais aussi la demande de logements reculent nettement. Les prix, eux, se maintiennent beaucoup plus stables.

Les remous annoncés un temps sur le marché immobilier ne sont toujours pas là et les prix restent plutôt stables pour l’instant. Mais peu à peu, les indicateurs s’accumulent pour montrer que certains équilibres sont en passe d’évoluer. Dès le premier confinement, on a compris que les volumes seront appelés à baisser. Le recul pour 2020 sera finalement réduit grâce au formidable rebond du déconfinement mais 2021 devrait accentuer la baisse du nombre de vente. Mais surtout, le dernier baromètre Fnaim nous indique que la demande de logement est, elle aussi, fortement orientée à la baisse. Un phénomène plus marqué dans les 10 plus grandes communes et en Île-de-France.

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Pour rappel, ce baromètre trimestriel sonde la perception du marché par les professionnels de la Fédération nationale de l’immobilier répartis à travers le territoire. Pour sa quatrième édition, ce baromètre obtient le score le plus pessimiste quant à l’évolution du stock de biens disponibles à la vente. Pas moins de 47% des agents immobiliers sondés estiment que leur offre est en forte baisse (et 29% la juge modérée). Un changement radical après la remontée d’optimisme mesurée en juin 2020. Quant à l’évolution de la demande en lente érosion depuis le premier baromètre de novembre 2019, elle décroche brutalement pour quitter la zone de «hausse modérée» de la demande pour flirter avec la «baisse modérée».

Après avoir été longtemps en hausse modérée, la demande se rapproche de la baisse. Crédits photo Fanim

Un décrochage très net de la demande. Crédits photo Fnaim

«C’est l’évolution la plus spectaculaire de ce baromètre, estime Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim. Il est vrai que dès juin 2020, nous avions mesuré, avec nos sondages, une forte baisse de 20 points des personnes estimant que c’est le bon moment pour acheter.» Mais il faut bien noter que ce moindre appétit pour la pierre s’accompagne également d’un net recul de la quantité de biens mis à la vente.

Cette érosion est d’ailleurs plus marquée en province en dehors des 10 plus grandes villes. «En cette période de crise, en dehors des ventes par nécessité, bon nombre de propriétaires préfèrent conserver leur immobilier, précise le président de la Fnaim. Les secundo-accédants seront moins présents sur le marché cette année.» Finalement, si l’offre et la demande diminuent simultanément, les prix ne devraient pas connaître de très fortes variations. L’ajustement du marché pourrait se faire surtout par une baisse des volumes.

Les stocks sont eux aussi à un point bas. Crédits photo Fnaim

Après une année 2020 qui devrait s’être achevée avec près de 980.000 transactions, Jean-Marc Torrollion se hasarde à envisager autour de 850.000 ventes pour 2021. «Nous avons connu trois années d’activité exceptionnelle, mais le marché devrait marquer le pas avec une dynamique beaucoup moins forte et une plus grande difficulté à se régénérer.» Côté prix, les professionnels de l’immobilier anticipent une stabilisation voire une légère baisse au gré de l’évolution de la situation économique. Selon cette étude, les prix résisteraient mieux en province en dehors des 10 plus grandes villes qu’en Île-de-France et dans les 10 plus grandes villes.

C’est du côté des prix que la stabilité est le plus de mise. Crédits photo Fnaim

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