Immobilier: un exode parisien a bel et bien eu lieu

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Envie d’espace et d’une meilleure qualité de vie, lassitude des prix immobiliers trop élevés: les Parisiens ont mis le cap sur la banlieue plutôt que vers la campagne.

Les Parisiens fuient la capitale. Entre 2013 et 2018, la Ville lumière a perdu environ 50.000 habitants. La faute au coût élevé de l’immobilier et à l’offre réduite de logements. Ajoutez à cela l’«effet confinement» qui a suscité chez les Parisiens des envies de verdure et d’espaces extérieurs. Mais le rêve à la campagne semble être retombé comme un soufflé: il n’y a pas de vaste exode des citadins vers la campagne. Bien au contraire. «On observe, à la marge pour l’instant, que des biens achetés par des citations dans des zones rurales à l’issue du premier confinement, sont de nouveau mis en vente aujourd’hui», affirme Christine Fumagalli, présidente du réseau immobilier Orpi.

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En revanche, il y a bel et bien eu un exode de Parisiens qui n’ont, toutefois, pas changé de région. Concrètement, les envies de campagne se sont transformées en acquisitions de logements plus grands en Ile-de-France: une pièce supplémentaire pour télétravailler par exemple ou des espaces extérieurs (terrasses, balcons ou jardins) dont la cote a grimpé après le premier confinement.

Une récente étude des notaires du Grand Paris a enfin chiffré ce mouvement. Et le constat est sans appel: seulement 55% des acquéreurs qui résidaient dans la capitale, sont restés à Paris (chiffres publiés au second semestre 2020) après le premier confinement. Une part bien inférieure à la moyenne des dix dernières années qui navigue entre 60% et 65%. Les 45% restants sont partis et se sont installés en banlieue.

La Petite Couronne a la cote

Où cela? Sur les six derniers mois, 34% des Parisiens ont fait le choix de la Petite Couronne (contre 30% en moyenne en 10 ans). Et 11% ont opté pour la Grande Couronne (contre une moyenne de 8% sur ces 10 dernières années). Conséquence: les prix flambent plus en banlieue qu’à Paris où ils ont tendance à se calmer voire à commencer à reculer. À fin février 2021, une hausse de 7% est attendue en Ile-de-France sur un an, selon les prévisions basées sur les avant-contrats. Contre +3,4% à Paris. Du jamais vu depuis 2013!

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La Petite Couronne a tellement la cote auprès des Parisiens que les «locaux» sont obligés de la quitter pour s’installer en Grande Couronne, malgré la distance. La possibilité de télétravailler au moins une fois par semaine relance l’intérêt en faveur de la Seine-et-Marne ou des Yvelines. Confirmation: les départements de Grande Couronne sont les seuls où la part de résidents a augmenté (entre 1 et 2 points) par rapport à sa moyenne décennale. À l’inverse, celle des acquéreurs restant dans les Hauts-de-Seine a chuté de 6 points (60% contre 66% pour la moyenne décennale). Même en Seine-Saint-Denis, la baisse est spectaculaire (-5 points à 61%). Outre l’intérêt accru des Parisiens, l’arrivée de la ligne 14 à Saint-Ouen n’y est sans doute également pas étrangère.

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