Immobilier : attention aux dossiers de location falsifiés

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Argent & Placements Immobilier

Gonfler ses revenus ou mentir sur sa situation professionnelle peut être tentant pour obtenir un logement. Comment le propriétaire peut-il vérifier les documents fournis ? Comment le locataire peut-il lustrer son dossier sans tricher ? Quelques conseils.

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Pour accepter un locataire, les propriétaires ou les agents immobiliers qui les représentent demandent, en général, des revenus mensuels équivalents à trois ou quatre fois le montant du loyer. Ils préfèrent que le locataire ait un emploi en CDI et souhaitent parfois qu’une personne se porte caution.

Outre des fiches de paie récentes et un avis d’imposition, le candidat à la location doit souvent être en mesure de fournir une attestation d’employeur indiquant qu’il n’est ni en période d’essai, ni en préavis avant un licenciement.

C’est pourquoi quand on est indépendant, autoentrepreneur, embauché depuis peu, ou que l’on n’a personne dans son entourage à même de se porter caution, la tentation est grande d’enjoliver son dossier.

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« Nous avons eu une personne qui a utilisé d’anciennes fiches de paie en changeant la date, alors qu’elle avait un très bon garant qui aurait pu lui permettre d’obtenir le logement. Une autre fois, un candidat à la location a pris les fiches de paie de sa sœur en modifiant juste le prénom », raconte Sébastien Bouvron, responsable de la gestion locative de l’agence immobilière parisienne Junot.

Prison et amende

Impossible de chiffrer précisément le nombre de dossiers ainsi trafiqués. Un sondage sur les jeunes et le logement réalisé en 2019 par Opinionway pour l’assureur Homebrella indiquait que 25 % des jeunes avaient falsifié leur dossier pour obtenir un logement. Ce chiffre atteignait même 29 % en Ile-de-France. Si aucun sondage n’a été effectué sur d’autres tranches d’âge, il est probable qu’un public plus large recourt à ces subterfuges, d’autant que de nombreux sites Internet proposent de réaliser de fausses fiches de paie (ils justifient souvent leur activité en expliquant que ces documents sont destinés à un « usage purement récréatif »).

Fournir de faux documents est passible de trois ans de prison et de 45 000 d’amende, selon l’article 441-1 du code pénal. De plus, si le propriétaire bailleur ou l’agence immobilière qui le représente se rend compte de la supercherie, la confiance est rompue, le logement convoité échappe au locataire, qui ne pourra plus jamais présenter un dossier dans l’agence.

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S’il est facile, pour un candidat à la location, de falsifier un dossier, est-il simple pour un propriétaire de repérer les arnaques ? Bailleurs et agences sont de plus en plus armés contre ce type de pratiques, grâce à l’intelligence artificielle.

La start-up Monsieur Hugo, plate-forme d’aide à la gestion locative, propose ainsi aux bailleurs privés de vérifier l’authenticité des fiches de paie. « Avec des algorithmes, on peut vérifier la cohérence des informations fournies par la personne et on repère très vite les fausses fiches de paie », détaille Bruno Cantegrel, fondateur de Monsieur Hugo. Quant à la start-up Meelo, elle développe ce type de services pour les agences immobilières, en utilisant aussi des algorithmes.

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