Calme, coût de la vie, espace... Les villes moyennes tiennent leur revanche

Il y a 3 jours 16
LES JARDINS A LA FRANCAISE, 18 EME SIECLE, LE CHEMIN DE RONDE DU PALAIS DE LA BERBIE, 13 EME SIECLE, LE TARN , LE PONT VIEUX , L' EGLISE ET LE QUARTIER DE LA MADELEINE, CENTRE HISTORIQUE DE LA VILLE D' ALBI, TARN, MIDI PYRENEES, OCCITANIE, FRANCE. (Photo by Philippe Roy / Philippe Roy / Aurimages via AFP) PHILIPPE ROY / Aurimages Par Elodie Chermann

Publié aujourd’hui à 18h13

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EnquêteCertaines agglomérations de moins de 100 000 habitants semblent revenir en grâce auprès des Français, après des années de métropolisation. Un phénomène renforcé par les confinements mis en place contre l’épidémie de Covid-19.

Un cadre de vie exceptionnel, au nord-est de l’Ille-et-Vilaine, entre verdure et patrimoine médiéval, avec toutes les commodités à portée de main. « Fougères offre tous les avantages de la ville sans les inconvénients », résume Mélanie, 39 ans. Cette blogueuse et consultante en communication numérique y a posé ses valises début octobre, après douze ans de vie parisienne. « Ici, j’ai un logement deux fois plus grand, un jardin, et je paie deux fois moins de loyer que dans la capitale », se réjouit-elle. Bien sûr, l’offre de loisirs n’est pas comparable. Mais il y a quand même une médiathèque, un théâtre, un cinéma, un espace culturel… « Et si, une fois l’épidémie terminée, j’ai vraiment envie de voir un spectacle précis, j’aurai toujours la possibilité d’aller faire un saut à Rennes ou à Paris, souligne-t-elle. Avec le bus et le TGV, c’est très facile de bouger. »

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Responsable de mission dans un cabinet d’expertise comptable à Paris, Matthieu, 45 ans, vient, lui, d’emménager avec femme et enfant à Vichy, au cœur de l’Allier. « Une ville sûre, accueillante, avec de la vie toute l’année, s’enthousiasme-t-il. Nous avions l’habitude d’y passer nos vacances et nous nous y sommes toujours sentis bien. Dès que j’ai eu le feu vert de mon employeur pour télétravailleur deux jours par semaine, nous avons sauté le pas. »

Avec la crise due au Covid-19 et l’essor du télétravail, 21 % des Français et 31 % des habitants des grandes villes songent, eux aussi, à déménager. C’est ce qui ressort d’une étude publiée le 25 novembre 2020 par le think tank La Fabrique de la cité. Leur nouvel eldorado ? Non plus Lyon, Bordeaux, ou Marseille, mais plutôt Valence, Quimper, Orléans, Albi, Chalon-sur-Saône, ou encore Angoulême. Des agglomérations à taille humaine, de 20 000 à 100 000 habitants, que l’on regroupe sous l’étiquette de « villes moyennes ».

L’impact du confinement

« Le modèle d’hyperconcentration des hommes, des emplois et des richesses, qui entraîne une compétition permanente, une standardisation des modes de vie et une exclusion, est arrivé à bout de souffle », assure le maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Jean-Christophe Fromantin, qui plaide depuis plusieurs années pour un rééquilibrage démographique : « Aujourd’hui, les gens veulent vivre dans des villes plus apaisées. » Et cette aspiration ne concerne pas seulement les cadres supérieurs et les familles. Selon le dernier Baromètre des territoires 2020 de Villes de France, 63 % des moins de 35 ans s’établiraient dans une ville moyenne s’ils avaient le choix.

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