A Lyon, l'offre de logements neufs est à la peine

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Publié le 18 févr. 2021 à 8:02

Sur le territoire des 59 communes de la métropole de Lyon, le nombre de réservations de logements neufs est passé de 5.364 en 2016 à 3.000 l'an dernier. Une baisse de 33 % en un an. Et surtout, une érosion continue dont les promoteurs peinent à voir la fin. « La dynamique de l'augmentation de la population a bien été accompagnée par l'offre de logements neufs jusqu'en 2016, mais depuis la production ne parvient pas à suivre », se désole Eric Verrax, président du Cecim (centre d'étude de la conjoncture immobilière).

Comme les réservations, les mises en vente sont elles aussi en baisse. Elles passent de plus de 4.000 unités en 2019 à moins de 3.000 l'année dernière. La conséquence est implacable, à ce jour seuls 2.855 appartements neufs sont disponibles dans la métropole de Lyon. « Cette insuffisance de l'offre trouve son origine essentiellement dans les difficultés que rencontre la profession pour l'obtention des permis de construire. La révision du PLU-H, la crise sanitaire et les élections municipales ont fortement freiné les sorties d'opérations », explique Philippe Layec, Président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de la Région Lyonnaise.

Prix en hausse

Sous l'effet de la raréfaction de l'offre, les prix montent. Le prix moyen hors stationnement pour 2020 est ainsi, à 5.025 euros par mètres carrés en hausse de 7 % par rapport à 2019. Dans Lyon intra muros, il atteint désormais 5.767 euros du mètre. Dans certains arrondissements comme le sixième, le prix moyen du mètre carré a dépassé les 8.200 euros. Dans le très couru 4e, il s'établit à 7.512 euros. Pour les professionnels, le seul moyen de couper court à la progression des prix est de multiplier les programmes pour rapprocher l'offre de la demande. « Quand on propose de l'offre, elle se vend », claque Eric Verrax.

La production fait surtout défaut à l'intérieur des frontières métropolitaines, car l'an dernier le nombre de ventes d'appartements neufs a augmenté en dehors de la métropole (+ 13 %) pendant qu'il baissait de 27 % dans 57 communes de la métropole et même de 41 % à Lyon et Villeurbanne. Et voilà que le spectre de l'étalement urbain, pourtant fortement combattu par les élus de tous bords ces dernières années refait surface. D'autant plus que les premiers signes envoyés par les nouveaux élus ne rassurent guère les promoteurs. Entre modification du PLU-H pour accroître la production de logement abordable , velléités de préemption par la métropole de plus en plus de fonciers et frilosité de certains élus au moment de parapher les permis de construire, les professionnels s'impatientent.

Logement social

Paradoxalement le juge de paix viendra peut-être du logement social. Un segment sur lequel la métropole veut mettre les bouchées doubles avec la promesse de livrer 6.000 logements sociaux en fin de mandat. Même si une bonne partie de l'effort de production est espérée chez les bailleurs sociaux, les ventes en bloc au sein de programmes privés seront également un levier important.

Signe annonciateur ou simple concours de circonstances, l'an dernier ces ventes en bloc ont presque doublé. Les bailleurs sociaux ont ainsi pu acquérir 856 logements, tandis que la production de logements abordables atteint 127 unités et égale son niveau record de 2017. « La promotion privée contribue fortement à l'augmentation du parc locatif social par ses VEFA en mixité sociale. La baisse des mises en vente aura donc une répercussion directe sur la production future de logements sociaux », préviennent de concert les promoteurs et les constructeurs de logements.

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