À l’étranger aussi, la crise sanitaire fait bouger le marché immobilier

Il y a 2 semaines 66

En Angleterre , en Allemagne ou aux États-Unis, on observe des phénomènes comparables à ceux que l’on a vu arriver en France.

1. Prolonge du moratoire sur les expulsions locatives à New York

Un temps l’épicentre de la pandémie aux États-Unis, New York va prolonger jusqu’à mai 2021 son moratoire contre les expulsions locatives, a annoncé lundi son gouverneur. Le texte met en pause les procédures d’expulsion déjà en cours pour 60 jours supplémentaires et interdit toute nouvelle expulsion jusqu’au 1er mai 2021. «Nous voulons que ça soit simple, nous ne voulons pas que des personnes se fassent expulser», a justifié dans une conférence de presse le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo.

Le moratoire devait expirer à la fin de l’année. Mais les États-Unis, le pays le plus endeuillé par le Covid-19 en valeur absolue, souffrent encore des ravages de la pandémie. De nombreux commerces ont dû baisser à nouveau le rideau cet automne, face à la multiplication de contaminations. Et des millions de chômeurs, privés de leur emploi à cause de la pandémie, ne savent pas quand ils recevront leurs prochaines allocations, et donc comment payer leur loyer. Le gouverneur n’a pas exclu de prolonger encore ce moratoire, si la situation sanitaire ne s’améliorait pas. «Nous verrons ce qu’il se passe en mai, mais nous voulons protéger les locataires», a détaillé Andrew Cuomo. Un phénomène que l’on avait observé en France où la trêve hivernale avait été prolongée après le premier confinement jusqu’à la mi-juillet. Rien de particulier n’a été annoncé pour l’instant sur la trêve qui court jusqu’à la fin mars.

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2. Désertification des centres-villes en Allemagne

Au milieu des nombreux commerces de Lübeck jugés non-essentiels et fermés jusqu’à mi-janvier pour endiguer la vague de Covid-19 qui sévit en Allemagne, certains détonnent davantage avec leurs écriteaux lugubres: «fermeture définitive». Pourtant classée au patrimoine mondial de l’Unesco, notamment pour son architecture gothique de briques rouges, cette ville hanséatique d’Allemagne du nord-ouest de 220.000 âmes n’échappe pas au phénomène de désertification qui touche depuis des années de nombreux centres-villes en Europe. Et la pandémie de Covid-19 lui a donné un coup d’accélérateur.

À Lübeck, mondialement connue pour son massepain et visitée par 18 millions de touristes en 2019, 20% de la surface dédiée aux commerces reste vide, faute de nouveaux repreneurs, une tendance en hausse. Au milieu de la principale allée commerçante, Olivia Kempke pointe du doigt une ancienne boutique de vêtements en faillite: «certains n’allaient déjà pas bien avant la crise sanitaire et la baisse de fréquentation actuelle les achève».

À la tête de Lübeck Management, association promouvant le développement urbain local, elle fustige l’hypertrophie des grands centres commerciaux périphériques, «véritables aimants à consommateurs» et des baux commerciaux toujours plus élevés «prenant à la gorge les commerçants». En cause également, la croissance des achats en ligne: ils devraient augmenter d’un tiers en novembre-décembre par rapport à 2019, au détriment de nombreux commerçants ayant pignon sur rue, selon l’Association allemande du commerce (HDE). Elle craint la fermeture de 50.000 commerces dans le pays en raison du Covid-19.

La fermeture partielle des magasins en novembre et décembre, liée au coronavirus, coûtera aux détaillants des centres-villes allemands jusqu’à 16,9 milliards d’euros, selon l’institut de conjoncture IW. Le nombre de passants a diminué de moitié dans les villes allemandes en décembre, ajoute-t-il. Des chiffres qui devraient empirer après la fermeture de tous les commerces non-essentiels décrétée mi-décembre pour un mois minimum. En plus d’aides d’urgence, le gouvernement allemand planche sur l’instauration d’une taxe visant le commerce en ligne dont le montant serait reversé aux commerçants des centres urbains.

L’aide gouvernementale d’urgence s’ajoute à un programme du ministère de la Construction créé en 2002 et doté annuellement de quelque 790 millions d’euros pour aider les villes dans leur réaménagement urbain. Depuis, 1.081 métropoles allemandes ont pu en bénéficier. Hanau, dans la Hesse, fut l’une des premières. Après 7 ans de travaux, la ville a totalement été redessinée, son centre végétalisé et rendu plus accueillant pour les personnes à mobilité réduite. Sont également apparus un grand centre commercial avec magasins indépendants, restaurants, un cinéma et une nouvelle place.

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3. Envolée des prix des propriétés rurales au Royaume-Uni

Selon le réseau immobilier britannique Knight Frank, jamais les propriétés rurales n’avaient connu une telle hausse des prix au cours de six dernières années. Avec une hausse de 1,7% pour le seul dernier trimestre, l’année se finit à +4% et cette hausse des prix s’accompagne d’un beau dynamisme des ventes qui dépassent, en volume de 35% la moyenne des cinq années écoulées. L’étude note que ce phénomène ne devrait pas être un feu de paille puisque 30% des offres acceptées sont encore à finaliser en 2021, ce qui devrait assurer une belle année sur ce marché.

À la différence du marché français où les acheteurs ont été séduits par de belles propriétés rurales à bon prix, les Britanniques semblent viser le (très) haut du panier. La partie la plus dynamique du marché concerne en effet les biens à plus de 5 millions de livres (5,5 millions d’euros) qui se sont envolés de 5,1% au dernier trimestre et de 7,9% sur l’année. L’étude explique cette envolée par une certaine sagesse des prix sur cette niche de marché pendant ces dernières années et maintenant que le confinement a accéléré les projets d’achat et de vente, il y a un certain effet de rattrapage. L’étude révèle, enfin, que ces propriétés de luxe les plus recherchées sont situées dans la grande périphérie de Londres et que malgré les perspectives encourageantes du vaccin, ces manoirs ruraux devraient continuer à séduire.

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