A Cannes, le renouveau du Palm Beach est engagé

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Publié le 17 janv. 2021 à 13:01

C'est un moment symbolique dans le projet de rénovation du Palm Beach de Cannes. La première pierre du projet a été posée ce vendredi 15 janvier sur le célèbre site, au bout de la Croisette. Il aboutira à le transformer en une luxueuse destination de loisirs.

Un appel à projets avait été lancé en 2017 pour l'aménagement de l'ancien Casino Art Déco. C'est finalement la société Cannes Balnéaire de Patrick Tartary et David Barokas - gestionnaire de restaurants - et le groupe familial immobilier Madar qui ont racheté le bail emphytéotique du groupe Partouche.

Facteur d'attractivité

« Il a été compliqué de convaincre les 1.700 copropriétaires du site que notre projet était le meilleur et d'obtenir un renouvellement du bail qui arrivait à échéance, explique Alain Madar, le PDG du groupe du même nom. Nous avons signé à l'automne 2020 pour un nouveau contrat de 99 ans ». Depuis peu, tous les permis de construire sont également purgés de tout recours. « Nous pouvons désormais avancer », se réjouit son frère Jean, associé.

En réalité, une première phase de travaux avait déjà été engagée en 2017 et une discothèque, un cabaret et un restaurant étaient déjà ouverts sur place, avant que la crise sanitaire ne frappe. A horizon 2023, le Palm Beach entièrement rénové accueillera aussi, sur 17.000 mètres carrés, une plage privée, une piscine découverte, un spa, cinq autres restaurants, une salle dédiée aux conférences et aux réceptions et des boutiques de luxe - qui seront ouvertes en soirée et jusqu'à deux ou trois heures du matin. Entre le rachat à Partouche et les travaux - qui comprennent aussi la création d'infrastructures de type parkings -, l'investissement total se monte à 120 millions d'euros.

Portefeuille diversifié

Le Palm Beach se veut un nouvel atout pour Cannes. Il se voit attirer aussi bien des festivaliers, des congressistes, des touristes fortunés et une clientèle locale. « En pleine activité, il pourra accueillir de 2.000 à 3.000 personnes par jour. Le site va participer à l'attractivité de la ville, permettre la création de 600 emplois directs et faire travailler au total près de 2.000 personnes », assure Jean Madar. « A une époque, il y avait beaucoup de restaurants sur la Croisette. Ils ont fermé au fil du temps pour être remplacés par des boutiques de luxe. Il y avait donc vraiment un manque », ajoute son frère Alain.

Le projet met sur le devant de la scène le groupe Madar, né dans les années 1950. Peu connu du grand public, il gère pourtant un parc immobilier de 2 milliards d'actifs, essentiellement en France. Ce portefeuille est composé à 70 % de commerces, essentiellement en centre-ville avec 650 magasins situés dans des emplacements ciblés. « ​C'est une grande force puisque nous ne sommes pas dépendants d'un unique locataire », estime Jean Madar.

Lancement dans l'hôtellerie

Il y a trois ans, le groupe s'est aussi lancé dans l'aventure Beaugrenelle, et a pris une participation de 40 % dans le centre commercial parisien. L'épidémie de Covid-19 et les différents confinements ont évidemment rendu l'année 2020 « compliquée » pour Madar. « Il a fallu accompagner tous nos locataires en décalant, parfois en annulant des loyers », poursuit le dirigeant. Les deux frères veulent cependant croire à une meilleure année 2021. « En immobilier, il faut savoir anticiper », rappelle en outre Alain Madar.

Le groupe possède aussi des bureaux, essentiellement dans le très recherché quartier central des affaires parisien, et dans le Sentier. Depuis peu, il a également acquis quelques hôtels - le JK Place, un 5 étoiles à Paris, a été sa première ouverture. Il est enfin le propriétaire du théâtre Hébertot, également dans la capitale, racheté en 2019. Il a, en revanche, tourné le dos à l'immobilier résidentiel, sur lequel était basé son modèle initial.

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